21/06/18

La musique a été salvatrice pour ma construction, témoignage de Laurène, qui a trouvé sa voix

Ayant subi de la violence enfant, Laurène a pu se reconstruire grâce à la musique. Aujourd’hui elle l’a totalement intégrée dans sa vie et l’utilise pour aider les autres

"Je suis née dans un contexte familial ​tendu, une maman dépressive avec des accès de violences réguliers et un papa quasi absent, consacré principalement à son travail en semaine. 

Sur ce fond de déséquilibre, la musique a été salvatrice pour ma construction psychique, émotionnelle et mon développement social.

 

J'ai entrepris d'apprendre le chant lyrique à 18 ans; je faisais du piano classique déjà, depuis mes 7 ans.

Apprendre à chanter fut pour moi une thérapie profonde : j'ai exploré et chanté toutes sortes d'archétypes et d'émotions qui avaient été bloquées depuis ma tendre enfance !

Au travers d'airs de bravoure, de colère, de meurtre, je réglais mes comptes avec mon passé. Je teintais mes interprétations de tout ce qui avait été oppressé au fond de mon corps et cœur... pour m'en libérer ! L'expression de mes émotions était accompagnée par une instrumentation grandiose et féerique: je transcendais la violence par la beauté et l'Art !

 

Tel Sesto dans la Clémence de Titus, je pouvais mettre feu au Capitol, c’est-à-dire exprimer

mes rages et colères, mais sans être condamnée ou me mettre en danger. Je pus nommer l'innommable, accepter l'inacceptable, terrasser les comportements d'auto-sabotage, nettoyer la mauvaise estime de moi-même grâce à Mozart, Haendel, Vivaldi, Bach... Ils sont devenus mes confidents les plus chers, mes amis proches et la musique fut une véritable mère bienveillante pour moi qui n'en n'avait pas connue.

 

La violence quotidienne, les pressions psychiques, émotionnelles ont généré une maladie respiratoire vers 27 ans : de l'asthme allergique. Mon corps montrait la souffrance passée. Je n'ai pas baissé les bras, j'ai continué ma pratique de chant en y ajoutant la pratique du Qi Gong, du Yoga, de la gym abdominale hypopressive.

 

Après quelques années de pratique et d'expérimentation de diverses pratiques corporelles douces (MLC, Feldenkrais…), j'ai trouvé comment rééquilibrer mon fascias du souffle (le fascia axial profond). Je ne suis plus sous cortisone, ni antihistaminique ! Je voudrais bien revoir ce pneumologue qui m'avait à l'époque exprimé son diagnostic implacable : médicament à vie!

 

J’enseigne depuis, à tous, cette technique de libération du souffle qui permet de relâcher les tensions émotionnelles qui se sont accumulées dans le corps, qui cherchent une porte de sortie et qui nous empêchent de respirer profondément. J'enseigne le chant comme un outil de bien-être, de présence à soi et de résilience. Je chante dans un hôpital pour les enfants malades ou qui sortent d'une opération. J'ai quitté mon emploi à plein temps à l'Opéra pour offrir ce bien-être à d'autres.

A mes yeux, la musique est au service de l'épanouissement, elle nous aide à gérer et guérir nos émotions... Elle devrait être accessible à tous de façon régulière !

 

Accepter ce par quoi nous sommes passé pour le transformer dans la bienveillance et la douceur, c'est le chemin que j'ai parcouru et que j'offre à d'autres maintenant.

La Voix est devenue ma Voie !"

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