Faites une cure de silence

Diminution du stress, amélioration du sommeil et de la concentration… Connaissez-vous les bienfaits du silence pour notre santé ? Petit topo pour une rentrée au calme.

04/09/19
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Eovi Mcd bienfaits silence

Haro sur le bruit

Pour comprendre pleinement les bénéfices du silence, il faut avoir connu le bruit. Le silence absolu n’existant pas, nous sommes perpétuellement confrontés à un fond sonore, que ce soit dans la rue, au bureau, en pleine nature ou chez soi. Vous habitez en appartement et le voisin du dessus a le pas lourd ? Vous prenez le métro tous les jours et le sifflement de la rame vous est familier ? Vous circulez à vélo au milieu des voitures en ville ? Le bruit fait partie de votre quotidien. Problème : une exposition prolongée à des niveaux sonores intenses entraîne des conséquences sur l’organisme. Bourdonnements d’oreilles (acouphènes), insomnies, troubles de l’attention, stress, fatigue, perte d’audition, diminution de la mémoire, perturbation des systèmes digestifs et endocriniens… La liste est longue quand le bruit nous tape sur les nerfs ! Selon une étude du Réseau d’observation des maladies et des épidémies, vivre dans un domicile survolé par des avions ou dans un endroit très bruyant augmenterait même les risques d’hypertension !

 

« De nombreuses études ont mis depuis longtemps en évidence les effets stressants des environnements sonores agressifs : pas seulement sur nos oreilles ; mais aussi sur notre bien-être, notre santé et nos performances »

Christophe André, psychiatre spécialiste des troubles anxieux

 

Mais quelle est la limite ? Pour l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), 8 heures d’exposition à 80 décibels (soit l’équivalent du bruit à l’intérieur du métro) suffisent à détériorer l’audition, contre une heure à 89 décibels (le bruit d’un TGV proche). Alors avec le retour des vacances, l’heure est venue de se pencher sur les bienfaits du silence !

 

Le silence est d’or

C’est pourquoi nous devons le cultiver ! Tout d’abord, le silence permet à notre cerveau d’être moins sollicité. Résultat : un réseau spécifique s’active. Selon le professeur Francis Eustache, neuropsychologue « ce réseau nous permet de nous plonger dans nos pensées, à la fois notre mémoire, notre mémoire personnelle, autobiographique mais qui nous permet également de penser aux autres et de se projeter dans le futur. » Rien que ça. Ensuite, le calme nous offre un moment de pause bénéfique pour se ressourcer. Mais cela ne veut pas dire rester inactif pour autant ! Lire, dessiner, écrire, coudre, jardiner sont autant d’activités qui peuvent se faire en silence.

 

« Parce qu’il est de plus en plus rare, le silence devient une aspiration, une valeur qui ne cesse de s’affirmer. Il permet de retrouver la lenteur, et favorise le recul, la pensée, la réflexion. On se reconnecte à la beauté du monde et on s’y recharge. Cela explique le succès des stages dans les monastères, des initiations au zen dans les montagnes. »

David Le Breton, anthropologue et sociologue

 

En 2006, le cardiologue Luciano Bernardi constatait dans ses travaux que deux minutes de silence pendant une musique douce s’avéraient plus relaxantes … que la musique en elle-même ! Le silence apaise l’organisme, en ralentissant le rythme cardiaque et la respiration tout en permettant à l’oreille de se reposer et se régénérer. « Le silence est d’abord une absence de bruit » résume le Professeur Paul Avan, spécialiste des surdités congénitales. L’organisme ayant besoin de contrastes, cette alternance entre stimulations auditives et moments de silence est essentielle à notre équilibre. N’oublions pas que les chambres sourdes (ces espaces ultra insonorisés aux parois absorbantes utilisés pour analyser des sons) nous montrent bien nos réactions dans un environnement 100% silencieux : hallucinations, désorientation… On en perd même l’équilibre, l’oreille ne servant pas juste à entendre mais aussi à nous tenir debout.

 

Vers une reconquête du silence ?

Dans un environnement où nous sommes sur sollicités, la technologie nous offre de plus en plus d’outils pour atténuer le bruit ambiant : casques anti-bruit, dispositifs d’insonorisation de plus en plus sophistiqués dans les habitations… L’architecture n’est pas en reste et s’intéresse aussi aux questions de « réverbération du son » en milieu urbain, pour penser la ville aussi bien d’un point de vue sonore que visuel. Oui, réussir à s’isoler du bruit extérieur est important pour recharger nos batteries. Mais qu’en est-il du bruit intérieur ?

 

La méditation à l’honneur

Pour Marc de Smedt, éditeur et journaliste français, « il existe un métabolisme du silence intérieur qui fait fonctionner nos propres fabriques d’endorphines naturelles. Le repos organique qu’il procure est plus profond que celui atteint pendant le sommeil. La respiration associée consomme moins d’air tout en procurant une oxygénation accrue des poumons. Et le corps produit moins de déchets ! » Alors n’hésitez pas à vous réserver quelques minutes de méditation tôt le matin lorsque vous avez le temps : ce premier contact avec la journée est important pour vous sentir dans « votre bulle » au moment où tout le monde dort encore… Un exercice bien plus recommandé que d’allumer son smartphone à peine levé.

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