Écrans et enfants : mode d’emploi pour les parents

Eovi Mcd Mutuelle
Eovi Mcd écrans et enfants

Télévision, ordinateur, tablette, smartphone… Les écrans ont un impact sur la santé des enfants. Le point sur la règle des « 3, 6, 9, 12 ».  

 

« 3, 6, 9, 12 » : de quoi parle-t-on ?

C’est en 2008 que le psychiatre Serge Tisseron établit sa fameuse règle des « 3, 6, 9, 12 ». Son credo ? Les écrans ne sont pas nocifs par nature : c’est leur usage qui peut l’être. C’est pourquoi il est important d’apprendre à s’en servir… et à s’en passer aussi. « Il est possible de concevoir une diététique des écrans, afin d’apprendre à les utiliser correctement, exactement comme on apprend à bien se nourrir » explique le psychiatre dans son ouvrage « Apprivoiser les écrans et grandir » (2013). C’est pourquoi il fonde sa règle des « 3, 6, 9, 12 » sur 4 étapes clés de la vie des enfants : l’admission en maternelle, l’entrée au CP, la maîtrise de la lecture et de l’écriture et l’intégration au collège.

 

« 3 » : avant 3 ans, zéro écran 

Le verdict est sans appel : il faut bannir les écrans avant 3 ans. Un constat partagé par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, qui déclarait en juin 2018 sur France Culture : « les enfants sont hypnotisés par un smartphone et sont addicts en quelques jours ». Pourquoi cette règle ?

« Un smartphone ou un écran n'établit pas d'interaction. Mon écran d'ordinateur ne m'a jamais souri. Or, un enfant ou un bébé a besoin de sentir l'autre. Il a besoin d'apprendre à décoder ces gestes, ces mimiques, pour se synchroniser avec l'autre » explique Boris Cyrulnik.

Autrement dit, le temps que passe un enfant de moins de 3 ans devant un écran est un temps « perdu » durant lequel il n’apprend pas les interactions. Le risque ? Développer un trouble de l'empathie qui le soumet à ses pulsions. « On le voit aujourd'hui chez beaucoup d'adolescents, garçons et filles, qui ne contrôlent pas leurs émotions et qui passent à l'acte ou bien contre eux-mêmes ou bien contre les autres » précise Boris Cyrulnik.

En avril 2017, une étude parue dans la revue Scientific Reports alertait déjà sur les effets des écrans sur le sommeil des tout-petits. En-dessous de 3 ans, l’exposition aux écrans avant de dormir réduit le temps de sommeil, la lumière bleue perturbant la synthèse de mélatonine. Or, le sommeil joue un rôle clé dans le développement physique et cérébral des tout-petits !

 

Nos conseils :

Avant 3 ans, jouer avec son enfant est la meilleure méthode pour favoriser son développement. Lecture de comptines, chants, jeux de construction (ou plutôt de « destruction » à cet âge-là), cache-cache… N’hésitez pas à varier les activités pour éveiller la curiosité de votre enfant qui est en pleine découverte de son environnement ! Gardez aussi à l’esprit que la télévision qui reste allumée nuit à son apprentissage, même s’il ne la regarde pas.

 

« 6 » : de 3 à 6 ans, la télévision avec parcimonie et bon escient

La télévision peut faire son entrée dans le quotidien, mais de façon réglementée. En aucun cas elle ne doit se substituer aux jeux d’éveil individuels et activités en famille, qui restent le meilleur moteur du développement de votre enfant. De plus, un écran reste un environnement « pauvre » d’où sont exclus le toucher, l’odorat, ou encore le goût.

 

Nos conseils :

Établissez des règles familiales simples : choix d’une émission pour enfants avec un horaire à ne pas dépasser, que vous pouvez d’ailleurs visionner ensemble pour en faire un moment de partage, le tout dans une pièce commune dédiée (pas de télévision dans la chambre, ni pendant les repas, ni avant le coucher !). Film ou dessin animé, privilégiez un programme court (entre 10 et 30 mn) que votre enfant aura plaisir à retrouver chaque jour. Attention, entre 3 et 6 ans, un enfant ne perçoit pas encore la différence entre réalité et fiction : soyez vigilant en choisissant l’émission !

Et les écrans individuels dans tout ça ? Smartphone, tablette, ordinateur : il est encore trop tôt pour laisser votre enfant jouer seul avec des jeux numériques. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils accaparent trop vite son attention à un âge où son développement affectif, intellectuel et social ainsi que sa motricité sont en plein boom.

Il vous faut une panoplie d’activités alternatives pour occuper votre enfant en dehors des écrans. En famille, vous pouvez pratiquer l’éveil musical, les balades, le bricolage, ou encore les « ateliers culinaires » où vous préparez le dîner ensemble …  C’est aussi le moment d’apprendre à votre enfant à se divertir seul : modelages en pâte à sel et dessins pour les plus petits, set d’écriture sensorielle, puzzles, jeux de logique et premiers casse-têtes pour les plus grands… Le site Didacto, spécialisé dans les jeux éducatifs et le matériel pédagogique, propose une belle sélection. Il existe aussi des histoires audio qui renouent avec la tradition orale des contes. Certains éditeurs proposent même des histoires à composer soi-même, comme Lunii dont la fabrique à histoire permet à votre enfant de choisir un héros, un lieu, un compagnon et un objet pour créer chaque jour un nouveau récit.

 

« 9 » : de 6 à 9 ans, des jeux adaptés  

Le numérique peut être une source d’apprentissage à condition d’être vigilant sur son utilisation. Des jeux éducatifs peuvent être introduits dans le quotidien, pour accompagner la découverte de la lecture, des mathématiques ou encore de l’histoire. Des éditeurs de jeunesse les proposent en applications pour tablettes ou smartphones, dans des formats ludiques et attractifs. Certains jeux proposent aussi des contenus éducatifs sur l’alimentation ou encore la santé !

 

Nos conseils :

C’est le moment d’accompagner votre enfant dans ce nouveau monde ! Choisissez avec lui des jeux qui pourraient l’intéresser, et jouez avec lui autant que possible. Laissez le ensuite gagner en autonomie et n’hésitez pas à lui demander régulièrement quels nouveaux jeux pourraient l’intéresser ! Le site app-enfant propose des gammes très complètes de jeux pour apprendre la grammaire, la géographie, le calcul, l’histoire et même les langues étrangères ! Là encore, les jeux numériques ne doivent pas remplacer les activités en plein air et/ou à plusieurs : musique, sport, arts plastiques… Une heure par jour maximum après l’école !

 

« 12 » : de 9 à 12 ans, découverte d’Internet

Internet est devenu un outil pédagogique à l’école, alors pourquoi ne pas accompagner sa prise en main à la maison ? Votre premier acte sera de vous doter d’un contrôle parental pour encadrer ses recherches, avant de pouvoir l’initier en lui expliquant le fonctionnement d’Internet et les possibilités qui s’ouvrent à lui.

 

Nos conseils :

C’est l’occasion de naviguer ensemble pour l’aider à faire ses devoirs et apprendre à chercher des informations. Vous pouvez l’initier à des sites d’information grand public comme Wikipedia par exemple. Pour le laisser profiter d’Internet seul, n’hésitez pas à l’orienter vers les sites spécialement conçus pour les enfants comme 1 jour 1 actu, Le petit Quotidien ou encore le moteur de recherche Qwant junior. 1h30 maximum, voire 2h (durée maximale journalière fixée par de nombreux professionnels de santé).

Et après 12 ans ? Votre enfant entre dans l’adolescence… Nous vous invitons à découvrir nos conseils ici pour encadrer sa pratique des écrans !

 

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