Maisons de retraite : comment passer le cap ?

C’est une étape clé dans la vie d’une personne âgée en situation de dépendance. Mais comment la vivre au mieux ?  

09/03/20
Temps de lecture estimé : 5 minutes
Eovi Mcd Ehpads

Un besoin de soutien psychologique 


Le 31 janvier 2020, un rapport publié par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), qui dépend du ministère des Solidarités et de la santé, tire la sonnette d’alarme. L’enquête réalisée entre 2015 et 2016 révèle en effet « qu’un tiers des personnes âgées vivant en établissement sont dans un état psychologique dégradé, contre un quart des personnes âgées de plus de 75 ans vivant à domicile ». Les états dépressifs y sont plus répandus en établissements que dans le reste de la population du même âge. Ce constat est d’autant plus important qu’aujourd’hui en France, 10% des plus de 75 ans et plus d’un tiers des plus de 90 ans sont hébergés dans des établissements spécialisés : maison de retraite non médicalisée, Ehpad (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou unité de soins de longue durée. 

590 000

C’est le nombre de personnes âgées accueillies en 2015 dans plus de 7500 établissements publics, privés non lucratifs et privés commerciaux. 

Pourquoi ce mal-être en maison de retraite ?


La dégradation de l’état de santé est pour 91% des résidents la cause majeure de leur entrée en établissement, expliquant en partie cce mal -être. Le rapport pointe également dans les motifs d’entrée en institution « le manque de disponibilité des proches (20%), l'isolement social (9%) ou encore la perte d'un conjoint ». De plus, la capacité à nouer des relations sociales joue un rôle majeur dans le bien-être au quotidien, que ce soit avec le personnel aidant ou les autres résidents. Ainsi, « 64% des résidents qui peinent à nouer des liens au quotidien sont en détresse psychologique, contre seulement 24% des résidents n’ayant aucune difficulté à en nouer ».

3 sur 4

C’est le taux de femmes en établissements, dont 73% sont veuves. 

Une nouvelle étude de la Drees réalisée en 2017 révèle que 8 Français sur 10 préfèreraient le maintien à domicile en cas de perte d’autonomie d’un de leurs proches. La « loi autonomie » prévue pour 2020 est attendue au tournant et devrait apporter des réponses pour faire face à cet enjeu.

Alors, quelles solutions mettre en place ?


Dans notre dossier réalisé en janvier 2020, le sociologue Michel Billé proposait différentes solutions pour décloisonner les Ehpads et permettre aux résidents de rester connectés au monde qui les entoure. Car n’oublions pas que l’entrée en établissement représente un changement de vie majeur, qu’il faut accompagner. Lorsque vous entrez en institution, c’est souvent à cause de l’âge ou de l’état de santé (ou les deux) : il est donc logique qu’une baisse de moral se fasse ressentir. « Les gens comparent la vie en Ehpad avec leur vie à domicile qui leur laissait une autonomie ou l’illusion d’une autonomie », indique dans Le Monde le sociologue Serge Guérin. 

C’est pourquoi dans les solutions d’hébergement proposées, l’association France Silver Eco souligne l’intérêt des « résidences services », à mi-chemin entre le soutien à domicile et l’accueil en établissement. Lorsque vous ne pouvez (ou ne voulez) plus vivre à domicile mais que vous voulez rester « autonomes et dynamiques », ces ensembles de logements privatifs proposent de nombreux services collectifs. Ou comment « rester indépendant au sein d’une communauté », une solution intéressante pour rompre l’isolement. Si ces résidences ne sont généralement pas médicalisées, elles offrent en revanche souvent un environnement plus sécurisé (conciergerie, domotique, gardiennage), des dispositifs ciblés (prévention des chutes, appel d’urgence) et des services collectifs (restauration, ménage, animations).

La Cité des Aînés : l’accueil de demain ?


Restaurant, salon de thé, jardins partagés, espaces bien-être, salle d’activités physiques… La Cité des Aînés innove pour vous accueillir dans les meilleures conditions. Conçue comme un village où il fait bon vivre, elle est un lieu de rencontres et d’échanges ouvert sur l’extérieur. L’objectif ? Répondre à vos besoins de santé mais aussi de lien social. Un concept innovant qui a vu le jour à Saint-Etienne en 2019 et qui s’apprête à essaimer en 2020 à Valence et Montpellier. 

 

Comment s'y préparer ?


Si vous envisagez l’hébergement en maison de retraite, une bonne préparation peut vous aider à marquer le cap sereinement. Voici nos conseils pour entamer ce nouveau chapitre dans les meilleures conditions :

•    Prenez votre temps : nul besoin de réserver une place dans l’urgence, il convient d’en discuter avec vos proches et de réfléchir ensemble à l’accueil que vous souhaitez. Un établissement proche du domicile de vos enfants, ou dans lequel vous avez déjà des connaissances… N’hésitez pas à programmer des visites pour vous familiariser et vous aider à vous projeter. 


•    Créez votre espace de bien-être : une fois sur place, il est important d’aménager sa chambre pour s’y sentir chez soi. Photos, objets, livres… Recréez un environnement qui vous sera familier et rassurant. 


•    Partez à la rencontre des autres résidents : en rejoignant un groupe ou des activités, afin de pouvoir partager votre expérience et créer des amitiés.   


•    Gardez une activité physique régulière : une bonne santé psychologique dépend beaucoup de l’activité physique que vous pratiquez chaque jour, en fonction de vos capacités. C’est l’un des avantages de la maison de retraite : différentes activités vous sont proposées, telles que la marche, le yoga (adapté bien sûr) ou encore le jardinage. 

 

Les maisons de retraite offrent une sécurité mais aussi un cadre où la vie en communauté peut trouver un nouvel élan. Loin d’envisager cette étape comme une fin, il convient de l’aborder comme un nouveau chapitre… et de nouveaux défis !
 

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