BPCO : prenez soin de vos bronches

Elle touche 3,5 millions de personnes en France : la BPCO est une maladie respiratoire qui affecte dans 80% des cas les fumeurs. Le 21 novembre est la journée mondiale de la BPCO : parlons-en !

20/11/19
Temps de lecture estimé : 4 minutes
Eovi Mcd BPCO

Une maladie pulmonaire chronique  

La BPCO (ou BronchoPneumopathie chronique obstructive) est une maladie respiratoire chronique inflammatoire touchant les poumons et surtout les bronches. Elle se caractérise par un rétrécissement progressif puis une obstruction permanente des voies aériennes qui entraînent une gêne respiratoire. Peut-on en guérir ? Non. Peut-on vivre avec ? Oui. A condition d’être pris en charge le plus tôt possible, ce qui passe par un dépistage prescrit par votre médecin traitant. Car n’oublions pas que la BPCO entraîne en moyenne 16 000 décès par an selon les chiffres de l’Inserm (2015).

 

Le tabac, 1er coupable

Avis aux fumeurs : le tabac est la principale cause de cette maladie que vous avez une "chance" sur deux de contracter à partir de 65 ans si vous continuez de fumer. En effet, 80% des cas sont attribuables au tabagisme (actif ou passif), toujours selon les chiffres de l’Inserm. D’autres facteurs peuvent augmenter le risque de contracter la maladie :

  • La pollution de l’air intérieur et extérieur
  • Les expositions professionnelles ou domestiques à des poussières et substances chimiques (silice, poussières de charbon, poussières végétales, moisissures)
  • Les infections des voies respiratoires inférieures fréquentes au cours de l’enfance
  • Les prédispositions génétiques

Contrairement à l’asthme qui apparaît souvent chez l’enfant ou le jeune adulte de façon précoce, « la BPCO touche les personnes d’âge mur, souvent après une intoxication tabagique prolongée sur de nombreuses années » explique l’association Santé respiratoire France.

 

Une maladie qui avance en silence

Méconnue du grand public, cette pathologie devrait pourtant être dans moins de deux ans la 3e cause de mortalité dans le monde. Actuellement, 65 millions de personnes souffrent de BPCO modérée à grave dans le monde, dont 3,5 millions de personnes en France en 2019 (contre 1,7 million en 2000), soit désormais près de 8% de la population française. Or, plus de 50% des patients ne bénéficient pas d'un traitement conforme aux recommandations en vigueur. Leur qualité de vie se dégrade, la BPCO étant perçue comme plus handicapante que la dialyse au long cours.

 

Comment la reconnaître ?

Tousser et cracher dès le matin peut souvent s’apparenter à une bronchite traînante (ou à une conséquence du tabagisme). Or, ce sont les premiers signes qui doivent vous alerter. Selon l’association Santé respiratoire France, « la toux du fumeur n’existe pas : c’est le début d’une authentique maladie ». Notez également que la BPCO a tendance à apparaître chez les adultes à partir de 40 ans. De manière générale, les symptômes qui doivent vous alarmer sont la toux chronique, les expectorations et l’essoufflement (ou dyspnée, qui souvent entraîne une baisse de l’activité physique).

 

Mesurez votre souffle !

L’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR), aussi connue sous le nom de spirométrie, est un examen complémentaire essentiel pour mesurer les volumes et débits pulmonaires et savoir si oui ou non, vous souffrez de BPCO. Indispensable, simple et sans danger, il permet de repérer de façon précoce l’apparition de la maladie et de vous proposer un traitement adapté qui ralentira sa progression. En cas de doute sur vos symptômes, faites le test en ligne (6 questions) proposé par l’Assurance maladie puis parlez-en à votre médecin traitant.

 

On n’en guérit pas, mais on peut vivre avec

Si vous êtes atteint de BPCO, rien ne vaut une activité physique régulière pour soulager les symptômes. Le réentraînement à l’effort est une démarche progressive et ô combien indispensable ! Une étude réalisée en 2005* sur 2386 patients atteints de BPCO pointait que les risques de décompensation respiratoire et de décès étaient beaucoup plus élevés chez les patients qui ne faisaient pas ou très peu d’activité physique. L’étude rapporte également qu’à l’inverse, une marche quotidienne d’au moins 30 minutes réduisait fortement la fréquence des exacerbations et améliorait le pronostic vital. Pour les patients les plus atteints, la réhabilitation respiratoire dans un centre médical peut aussi être préconisée par votre professionnel de santé.

Les patients eux aussi témoignent, à l’image de Cécile, diagnostiquée malade BPCO très jeune (38 ans) après des années de tabagisme. Aujourd’hui, elle va beaucoup mieux grâce à la sophrologie. « J’ai acquis la conviction que la sophrologie et la médiation sont des outils essentiels, non pas uniquement pour survivre pour aussi pour bien vivre, une vie intéressante, quel que soit l’état de santé ». Et pourquoi pas se lancer des défis ! Cette année, pour la 23e édition de la Parisienne dans la catégorie Handisport, Marie a parcouru 7 km en marche sportive, accompagnée de 7 autres patientes atteintes de BPCO. Du haut de ses 80 ans et malgré une BPCO à un stade avancé, cette hyperactive a démontré une fois encore les bienfaits de l’activité physique et de la volonté en prenant le départ parmi les 25 000 sportives participantes le 8 septembre 2019 devant la Tour Eiffel. « Nous nous lançons dans cette aventure pour montrer à tous que l’effort est possible en cas de maladie chronique respiratoire, même sous oxygène, et que la vie ne se cantonne pas au fauteuil et à la télévision » explique-t-elle avec un sourire, avant de conclure : « seuls les objectifs permettent de rester jeune ! ».

Sources

*Pitta F, Troosters T, Spruit MA, et al.. Characteristics of physical activities in daily life in chronic obstructive pulmonary disease. Am J Respir Crit Care Med 2005;171: 972-977.


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