Autisme et emploi : deux mots pas si incompatibles

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Deux tiers des personnes présentant un trouble autistique n’ont pas de déficience intellectuelle. Bien coachés, ils peuvent tout à fait travailler en milieu "ordinaire".

 

Beaucoup d’autistes sont placés en institution ou marginalisés, alors qu’ils ont toutes les capacités intellectuelles nécessaires pour exercer un métier. Seulement, pas facile de trouver un emploi quand on est handicapé du sens social. Ces personnes ont besoin d’être coachées.

C’est ce que proposent des dispositifs comme le service d’accompagnement vers l’emploi du Haut-Rhin (SAVE 68), créé par l’association Marguerite Sinclair, pour les adultes présentant des troubles autistiques sans déficience intellectuelle.
Bertin Marchal, 25 ans, fait partie de ceux-là : « Atteint du syndrome d’Asperger, j’ai surtout des difficultés à interagir avec les autres et à comprendre leurs intentions. » Cela ne l’empêche pas d’être assistant bibliothécaire.

 

Valoriser les compétences, faire accepter les différences

Diagnostiqué tardivement, Bertin Marchal s’est vite retrouvé en échec scolaire et professionnel. C’est l’appui du SAVE 68 qui lui a permis de reprendre confiance en lui et de postuler au centre de documentation du centre hospitalier de Rouffach (68), où il travaille depuis un an et demi. L’association l’a aidé à réfléchir à son orientation, à identifier les entreprises où il pourrait postuler, puis à candidater. Elle a aussi joué un rôle de médiation.

Car les autistes ne sont pas les seuls à avoir besoin de soutien dans cette aventure. « Nous assistons à l’entretien d’embauche, ce qui nous permet de présenter la particularité du candidat et de rassurer l’employeur, indique Stéphane Danvin, chef de service du SAVE 68. Au début du contrat, nous accompagnons la personne autiste sur son lieu de travail. Nous sensibilisons aussi ses collègues, afin de limiter les tensions que pourraient créer sa rigidité de fonctionnement ou son perfectionnisme. »

Sans le SAVE 68, beaucoup d’employeurs avouent qu’ils n’auraient jamais sauté le pas. Mais, après coup, ils sont généralement satisfaits. « Il faut apprendre à entrer dans une autre logique, notamment au moment de formuler une consigne, témoigne Clarisse Claudel, documentaliste au centre hospitalier de Rouffach. Mais une fois qu’on a compris cela, tout se passe bien. »

 

Plan Autisme 2018-2022 et insertion

Le SAVE 68 a été lancé en 2014, pour une expérimentation de trois ans, financée par l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph). 84 % des autistes suivis dans ce cadre sont aujourd’hui en emploi ou en formation. « Pourtant, ils en étaient très loin, précise Stéphane Danvin. Ils n’avaient pas d’expérience professionnelle – ou de très mauvaises – et certains n’arrivaient pas à communiquer. Nous poursuivons aujourd’hui notre action, avec des gains visibles en matière d’inclusion sociale et d’autonomie. » Malheureusement, les autistes n’ont pas accès à un tel dispositif d’emploi accompagné (DEAc) partout en France. Une situation que le nouveau plan Autisme, présenté en avril, cherche à améliorer. Premier plan à s’intéresser aux adultes autistes, il prévoit notamment (mesure 15) un doublement des crédits du DEAC pour ce public.

 

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