Sport : le certificat médical pour les jeunes, c’est fini !

Depuis le 1er janvier 2020, les jeunes sont dispensés de certificat médical pour pratiquer une activité physique en club. Pourquoi, comment, on vous dit tout !

27/01/20
Temps de lecture estimé : 5 minutes

Pourquoi cette mesure ?

La fin du certificat médical obligatoire (ou certificat de « non contre-indication ») tous les 3 ans pour pratiquer une activité physique et sportive est une mesure voulue par la Ministre des Sports, Roxana Maracineanu. Annoncée le 30 septembre 2019 dans le cadre du projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2020, elle permet aux enfants de 0 à 18 ans d’obtenir ou renouveler une licence dans un club sans avoir à fournir un certificat médical. Ils devront seulement fournir une déclaration remplie par leur représentant légal, attestant qu’ils ont bien vu un médecin. Cette mesure de simplification vise à lever un frein à la pratique du sport, mais aussi à soulager les comptes de la Sécurité sociale, libérer du temps pour les médecins et ôter une charge administrative pour les clubs sportifs. 

« Parce que l’activité physique est utile à la santé, j’ai souhaité l’évolution du certificat médical pour intégrer le contrôle de l’aptitude au sport aux examens obligatoires de l’enfant de 0 à 18 ans. Une dépense en moins pour les familles, un frein en moins à l’activité sportive » tweetait la Ministre le 30 septembre. 

Concrètement, qu’est-ce qui change pour les parents ?

Rassurez-vous, l’obligation de contrôler l’aptitude au sport étant désormais intégrée dans le suivi médical obligatoire, vos enfants et adolescents bénéficieront avec cette mesure d’un parcours de santé et prévention renforcé. La Ministre des Solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, prévoit 20 consultations médicales obligatoires gratuites entre 0 et 18 ans, ces examens médicaux étant pris en charge à 100% par l’Assurance maladie. En tant que parents, vous devrez seulement remplir un questionnaire de santé chaque année au moment de l’inscription ou du renouvellement de la licence sportive de votre enfant. Libre à vous de décider à ce moment-là d’emmener votre enfant chez son médecin traitant. Notez que pour certaines disciplines à contraintes particulières (alpinisme, plongée, spéléologie…), le certificat de non contre-indication sera toujours exigé par le club et ce quel que soit l’âge. 

 

6 millions

C’est le nombre de jeunes de moins de 18 ans licenciés dans des clubs ou fédérations  sportives en France

 

Une mesure contre le décrochage sportif des jeunes ?

C’est un fait, à la préadolescence et pendant l’adolescence, les jeunes ont tendance à décrocher du sport, en particulier les filles. Chaque année, environ un tiers des jeunes de 10 à 17 ans abandonne la pratique d’au moins un sport (avec un pic autour de 11-12 ans). 

 

60 minutes

C’est le minimum par jour d’activité physique recommandé par l’Inserm chez les enfants et adolescents 

 

En 2017, un rapport de Santé publique France alertait sur le fait que 80,3% des jeunes entre 13 et 15 ans n’atteignaient pas ces recommandations de 60 minutes d’activité physique quotidienne. Des chiffres à mettre en corrélation avec le niveau de sédentarité de cette tranche d’âge : 66% des garçons et 68% des filles passent en effet chaque jour 2h ou plus devant la télévision. En cause également ? La perte de plaisir, « facteur déterminant de la participation sportive chez les adolescents » selon la sociologue de l’activité physique Suzanne Laberge. Cette perte de plaisir peut être engendrée par des difficultés rencontrées (le sport renvoie alors une image dévalorisante) ou par l’irruption de nouveaux centres d’intérêts plus stimulants (Internet, sortir avec les copains…). D’autres facteurs peuvent également motiver cet abandon du sport : construction difficile de l’identité à cet âge, effet de groupe (« si les copains arrêtent le sport, moi aussi »), manque de transports, agenda scolaire chargé ou horaires de travail des parents. 

 

Les filles, plus enclines à abandonner le sport 

En 2019, une étude d’Attitude Prévention tire la sonnette d’alarme : les adolescentes décrochent davantage du sport que leurs camarades garçons. Si durant l’enfance, 75% des petites filles pratiquent une activité sportive (soit le même taux que les garçons), l’écart se creuse à l’adolescence : entre 12 et 17 ans, elles ne sont plus que 53%, soit une adolescente sur deux. Or, ce décrochage précoce ne se rattrape jamais tout à fait. Toujours selon la même étude, 8 Françaises sur 10 (tous âges confondus) font moins de 10 000 pas par jour, seuil fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour rester en « bonne forme physique et mentale ». Il est donc important de ne pas lâcher prise à l’adolescence et de trouver des méthodes pour retrouver le goût du sport. Les garçons ne sont d’ailleurs pas exemptés de cette tendance : ce décrochage au moment de la puberté intervient simplement plus tard chez eux. 

Notre conseil en ce début d’année ? Discutez-en avec vos enfants et adolescents pour déterminer l’activité physique et sportive qui pourrait lui plaire et lui donner envie de persévérer !

 

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