Quels sont les effets réels de la pollution de l’air sur notre organisme ?

On parle souvent de « pollution de l’air » sans préciser ses effets réels sur la santé. Cœur, poumons, yeux, gorge… Tour d’horizon de ce que vous devez savoir.

01/10/19
Temps de lecture estimé :
Eovi Mcd pollution de l'air

Qu’est-ce que la « pollution de l’air » ?

On pense systématiquement aux émissions des transports routier, fluvial et aérien lorsqu’on aborde cette question. Particules fines, oxydes d’azote, hydrocarbures ou encore oxydes de soufre sont responsables de 48 000 décès par an en France : c’est la 3e cause de mortalité derrière le tabac et l’alcool ! Pourtant, la pollution de l’air est plus complexe que ça. L’industrie, l’agriculture ou encore le chauffage génèrent aussi des polluants chimiques qu’on retrouve dans l’atmosphère… et dans nos corps. L’air respiré à l’intérieur et à l’extérieur des bâtiments contient donc différents polluants qui peuvent avoir des conséquences sur notre santé. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l’air est le principal risque environnemental pour la santé dans le monde.

 

Le saviez-vous ? La pollution de l’air peut aussi avoir des causes naturelles : pollens, poussières du désert, éruptions volcaniques… On la distingue de la pollution dite « anthropique » (liée à l’activité humaine).

 

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, la pollution de l’air n’affecte pas que les grandes villes. Certes, ses effets sont plus importants en environnement urbain dense, mais les petites et moyennes agglomérations ainsi que les milieux ruraux sont aussi concernés.

Ses effets sur l’organisme dépendent de plusieurs facteurs :

  • nature du polluant (gaz, particules…)
  • taille des particules
  • caractéristiques de la personne exposée (âge, sexe…), son mode de vie (tabagisme…) et son état de santé
  • durée d’exposition et quantité inhalée

 

Quels sont les principaux polluants ?

Les polluants primaires sont directement issus des sources de pollution (trafic aérien, transport routier, usines…). Il s’agit principalement de polluants chimiques parmi lesquels on relève :

  • Des oxydes de carbone
  • Des oxydes de soufre
  • Des oxydes d'azote
  • Des hydrocarbures légers
  • Des composés organiques volatils
  • Des particules fines, hautement toxiques en raison de leur composition et de leur très petite taille (qui pénètre plus facilement l’organisme)
  • Des métaux (plomb, mercure, cadmium...)

Une fois émis dans l’atmosphère, ils sont à l’origine de la formation de polluants secondaires, parmi lesquels on compte :

  • Des particules secondaires
  • De l'ozone
  • Du dioxyde d'azote

 

Le saviez-vous ? Certains agents biologiques comme les pollens ou moisissures peuvent aussi avoir un effet sur la santé lorsqu’ils entrent en interaction avec des polluants chimiques.

 

Un débat qui revient sur le devant de la scène

Ce sont les pics de pollution qui génèrent les réactions les plus vives de la population. Prenons l’exemple du terrible incendie de l’usine de Lubrizol à Rouen, dans la nuit du jeudi 26 septembre 2019. L’épaisse fumée noire et les retombées de suie ont causé de multiples dégâts, y compris sur la santé des habitants : nausées, vertiges, troubles respiratoires… Le débat sur la qualité de l’air y est plus vif que jamais (et à raison !). Pourtant, peu de gens savent que l’exposition à des sources de pollution sur le long terme est en réalité plus dangereuse pour la santé qu’une exposition ponctuelle à l’occasion d’un pic de pollution.

 

Quels sont les effets de la pollution de l’air sur …

 

  • Les poumons : irritations, inflammations, réduction des capacités respiratoires, broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), asthme, cancer… Les maladies respiratoires aigües et chroniques sont les conséquences les plus connues de la pollution de l’air, en particulier dues aux nanoparticules qui s’infiltrent jusqu’aux alvéoles pulmonaires.

 

  • Le cœur et le sang : la pollution de l’air peut aussi entraîner des accidents vasculaires cérébraux, troubles cardiaques, de l’hypertension, ou augmenter la coagulabilité et formation de caillot dans le sang. Selon l’OMS, 1 accident cardiovasculaire sur 3 mortel serait imputable à la pollution de l’air.

 

  • Les yeux, le nez, la gorge : irritations, difficultés respiratoires et allergies sont parfois renforcés par une exposition à la pollution de l’air.

 

  • Le système reproducteur : troubles de la fertilité, retard de développement du fœtus, risques d’accouchement prématuré ou de fausses couches sont aussi des effets liés à la pollution de l’air. En cause ? Les particules qui traversent la barrière placentaire. Cela peut aussi avoir un impact sur le développement intellectuel de l’enfant et favoriser la naissance de maladies respiratoires plus tard.

 

  • Le cerveau : au-delà des maux de tête et de l’anxiété que peut générer la pollution de l’air, celle-ci pourrait aussi avoir un effet sur les maladies neuro-dégénératives (maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, démence). Les nanoparticules captées par le nerf olfactif seraient en effet acheminées jusqu’au cerveau, pouvant causer une neuro-inflammation. C’est un sujet d’étude encore récent et qui n’a pas abouti à de conclusion arrêtée au sein de la communauté scientifique.

 

Alors, quelles sont les solutions ?

Il est possible d’agir individuellement et collectivement pour réduire la pollution de l’air. Chacun à son échelle peut diminuer ses émissions de polluants en matière de chauffage, d’utilisation de produits chimiques ou encore de transport. A cela s’ajoutent les politiques agricoles, d’urbanisme et de transport définies par les pouvoirs publics, qui doivent garantir à chaque personne « le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé » (loi Laure, 1996).

Le 27 juin 2019, la France a décrété « l’état d’urgence écologique et climatique » dans son projet de loi énergie climat, qui prévoit d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. La directive européenne 2016/2284 du 16 décembre 2016 fixe également à tous les États membres des objectifs de réduction des émissions de polluants (par rapport à 2005) à l’horizon 2030, en intégrant les objectifs du Protocole de Göteborg. Concrètement, cela signifie que la France devra réduire d’ici là ses émissions d’oxydes de soufre (-77%), d’oxydes d’azote (-69%), de particules fines (- 57%) et de composés organiques volatiles (-52%).

 

Et pour finir… en cas de pic de pollution, voici les recommandations en vigueur pour vous protéger !

 

 

Ces articles peuvent vous intéresser

AVC : le sport est votre allié

AVC : le sport est votre allié

Après un accident vasculaire cérébral, il est essentiel de se remettre au sport dans de bonnes conditions. Pourquoi ? Comment ? On vous dit tout.

Fusion CMU-C / ACS : ce qui change

Fusion CMU-C / ACS : ce qui change

Le 1er novembre 2019, la CMU-C et l’ACS ont fusionné pour donner naissance à la complémentaire santé solidaire (CSS). Une nouvelle ère commence !


Ce site web utilise des cookies afin d'optimiser l'expérience utilisateur. En naviguant sur le site, vous acceptez l'usage de ces cookies.

Accepter
En savoir plus
X