Covid-19 : où en est la recherche ?

Des équipes scientifiques sont à ce jour mobilisées pour trouver traitement et vaccin pour combattre le Covid-19. Où en sommes- nous ? 

15/04/20
Temps de lecture estimé : 5 min

Recherche clinique : un protocole strict

La recherche clinique est une étude scientifique qui consiste à apporter la preuve clinique des traitements. Elle débute notamment après avoir réalisé des études expérimentales sur des modèles animaux ou cellulaires. Elle est menée ensuite chez des volontaires sains ou malades qui doivent avoir préalablement répondu aux conditions d’admissibilité à l’essai clinique concerné. L’objectif étant de vérifier les données :

  •  Pharmacocinétiques : l’évolution du médicament dans l’organisme
  • Pharmacodynamiques : le mécanisme d’action du médicament
  • Thérapeutiques : l’efficacité et tolérance d’un nouveau médicament ou d’un médicament déjà connu

Pour débuter, l’essai clinique doit avoir reçu les autorisations réglementaires et avoir fait toutes les démarches légales et éthiques nécessaires.  L’essai clinique doit obtenir :

  • Un avis favorable du Comité de protection des personnes (C.P.P.)
  • Une autorisation de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)

Il se base sur la protection des participants, sur la pertinence de la recherche, sur le caractère satisfaisant de l'évaluation des bénéfices, sur les risques attendus ainsi que sur le bien-fondé des conclusions.

 

Covid-19 : les traitements en cours de test

Pour soigner les symptômes du Covid-19, il y a à ce jour 30 études lancés en France (860 à travers monde). Ces pistes de traitement sont actuellement en  cours d’essai clinique dont notamment: 

  •  L'essai clinique Coviplasm : il consiste à injecter le plasma, partie liquide du sang contenant des anticorps, qui se trouvent dans le sang de patients guéris du Covid-19 à des patients contaminés afin de les aider à mieux combattre le virus. 
  • Les essais cliniques à base d’hydroxychloroquine : une substance combinée à un antibiotique déjà testée par l’infectiologue Didier Raoult, directeur de l'IHU de Marseille. Un réseau de 37 hôpitaux français a lancé l'étude Hycovid pour déterminer son efficacité.
  •  Les essais cliniques qui étudient le Kevzara : un immunosuppresseur développé en commun par Sanofi avec Regeneron, lancé en 2017 pour traiter la polyarthrite rhumatoïde. Il s’agit d’un anticorps monoclonal dirigé contre le récepteur de l’interleukine-6 (IL-6), une protéine du système immunitaire jouant un rôle dans le processus inflammatoire. « IL-6 pourrait jouer un rôle dans la réponse inflammatoire des poumons des patients sévèrement touchés par le Covid-19 »,  ont précisé les deux laboratoires.

 

Les vaccins en cours de test en France

L’agence européenne du médicament EMA a affirmé "qu’il pourrait s'écouler au moins un an avant qu'un vaccin contre le Covid-19 ne soit prêt pour approbation et disponible en quantités suffisantes pour permettre une utilisation généralisée".   En France, une Task Force (force opérationnelle) a été mise en place à l'Institut Pasteur pour le développement de vaccins. 

  • Le vaccin BCG (vaccin de la tuberculose) : des chercheurs travaillent sur la piste du vaccin anti tuberculose contre le Covid-19. "Le BCG provoque un apport immunitaire important", a expliqué Jérôme Salomon, directeur général de la Santé. "Des essais sont en cours pour tester son efficacité et voir si cette stimulation immunitaire peut avoir un effet bénéfique sur le coronavirus", a-t-il ajouté.  Afin d’avoir des données fiables, cet essai imposera de suivre les participants pendant 2 à 3 mois.
  • Le vaccin ARN : il consiste à " injecter directement un ARN (un morceau de patrimoine génétique) synthétique chez l'homme, qui va permettre à l'organisme de produire directement une des protéines du coronavirus. L'objectif est que le patient développe une résistance spécifique au virus, en produisant des anticorps neutralisants contre cette protéine", a expliqué Olivier Schwartz, directeur de l'unité virus et immunité à l'Institut Pasteur.
  • Le vaccin de la rougeole : il est étudié de près par les chercheurs de l’Institut Pasteur pour en élaborer un dérivé, qui aurait une efficacité sur le Covid-19. Il ne sera en revanche pas disponible avant l’automne 2021.

"Nous allons devoir apprendre à vivre avec le virus", a par ailleurs précisé le premier ministre, Edouard Philippe, en soulignant que pour l’heure la population française était loin d’être immunisée, qu’aucun traitement n’était reconnu et qu’aucun vaccin n’était a priori attendu avant "mi-2021".

 

Les tests diagnostic du Covid-19 

Les tests diagnostic ont pour but de déterminer le taux d'immunité collective de la population. Pour les experts, il s’agit d’une étape indispensable en vue d’un déconfinement : ils permettront de détecter les personnes asymptomatiques (porteurs sains) et les personnes déjà immunisées.

Le gouvernement souhaite rapidement augmenter sa capacité de test d’ici le 11 mai, date du déconfinement : "500 000, c’est le nombre de tests par semaine que nous souhaitons être en mesure de faire", a affirmé Olivier Véran, ministre de la Santé. Pour cela, des "automates" doivent venir renforcer la capacité de dépistage en France. Ils permettent d'analyser les tests nasaux. 

Ils seront réalisés dans les laboratoires de ville,  dans les hôpitaux, ou encore sur des parkings. Lorsqu'un cas positif sera identifié, une "mécanique" sera enclenchée pour avertir la personne contaminée et prévenir ainsi les personnes ayant été en contact rapproché avec la personne contaminée.

Des tests sont en cours d'élaboration : 

  • L’entreprise bretonne NG Biotech a développé un nouveau test sérologique. Il s’agit d’un kit de dépistage sanguin capable de détecter en 15 minutes la présence d’anticorps spécifiques au virus dans une goutte de sang.  Sa production devrait être rapidement lancée. 

À savoir : une forte baisse de consultations médicales, de vaccinations des enfants et de dépistages de cancers a été observée. Cependant, il est primordial pour votre santé de continuer à vous faire soigner si vous êtes malade. 
 

Bien que les recherches soient en cours, il ne demeure pas moins que les gestes barrières ont un rôle majeur dans la lutte contre cette pandémie. Pour votre santé et celles de vos proches, veillez à les respecter au quotidien ! 

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