Autisme : un nouvel outil de dépistage dès 6 mois

Si les 1ers signes de l’autisme apparaissent avant 2 ans, le diagnostic n’est posé que bien plus tard en France. Le point à l’occasion de la journée mondiale du handicap.

07/10/19
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Eovi Mcd Autisme infantile

Place à un livret de repérage précoce 

Conçu à l’attention des médecins généralistes, pédiatres, médecins scolaires et de protection maternelle et infantile (PMI), ce livret de repérage précoce des troubles du neuro-développement (TND) est distribué depuis le mois de juillet 2019 dans 14 départements français. L’objectif : systématiser l’orientation des enfants qui présentent des signes d’alerte dès le plus jeune âge vers une plateforme spécialisée« avant même qu’un diagnostic soit posé ou écarté ». C’est un enjeu de prévention majeure lorsqu’on sait qu’aujourd’hui en France, 700 000 personnes sont atteintes d’autisme, dont 100 000 enfants selon l’Institut Pasteur. C’est pourquoi la stratégie nationale pour l’autisme 2018-2022 refonde le dispositif de dépistage en s’appuyant sur ce livret de repérage précoce des troubles du neuro-développement. Pour Claire Compagnon, déléguée interministérielle chargée de la mise en œuvre du dispositif, « les médecins de première ligne manquaient d’un outil simple d’usage permettant de déclencher une alarme en cas d’écart inhabituel de développement chez un enfant ».

 

3 axes pour identifier l’autisme infantile 

Le livret s'appuie sur 3 axes pour aider le professionnel de santé à repérer un risque d'autisme, à savoir :

1/ Une liste de signes d’alerte pour chaque étape clé du développement de l’enfant :

  • Avant 6 mois : difficultés à « fixer » le regard, excès de calme ou d’excitation, défaut de posture (trop molle ou trop raide), peu ou pas de vocalises…
  • Entre 6 et 12 mois : absence de réaction aux sollicitations externes, pas de manifestation d’émotion lorsque l’enfant quitte ou retrouve ses parents, aucune recherche de contact physique, peu ou pas d’imitation des gestes autour de lui, troubles alimentaires…
  • Entre 12 et 24 mois : absence de communication (langage ou gestes), solitude, mouvements corporels inhabituels (balancier)…
  • Après 24 mois : désintérêt prononcé face aux jeux et à la compagnie d’autres enfants, communication remplacée par le fait de « répéter » ce que disent les autres (au lieu d’un échange), intolérance au changement (même minime) dans son environnement et sa routine, agressivité, isolement …

2/ Une liste des facteurs de risques : antécédents familiaux, prématurité, exposition prénatale à l’alcool…

3/ Une liste des comportements considérés comme « marqueurs » : troubles du sommeil, réactions exagérées à certains bruits, colères violentes et fréquentes…

 

Le saviez-vous ? Une régression, quelle que soit sa nature (langage, jeu…), est un fort signe d’autisme.

 

Pris isolément, ces éléments n’ont pas de valeur prédictive. En revanche, lorsqu’un ou plusieurs signes d’alerte sont combinés avec un ou plusieurs facteurs à risques ou comportements « marqueurs », c’est le moment de réorienter l’enfant vers une plateforme spécialisée. Pourquoi le dépistage précoce est-il si important ? Tout simplement parce que la plasticité cérébrale est à son plus haut niveau avant 3 ans, ce qui permet une prise en charge optimale en cas de détection d’un trouble du spectre de l’autisme (TSA).

 

4 chiffres à retenir sur l’autisme

 

  • Seulement 1 enfant autiste sur 3 est scolarisé en maternelle, à raison de 2 jours par semaine

 

  • En moyenne, il y a 4 fois plus de garçons que de filles diagnostiqués autistes

 

  • 1 autiste sur 2 a connu des ruptures de parcours (déscolarisation, rupture de prise en charge) ayant eu un impact sur son développement

 

  • 446 jours : c’est le délai d’attente moyen des familles pour accéder à un diagnostic dans un Centre ressources autisme

 

Un essai à transformer

Ce livret est actuellement en phase pilote : il n’a pas encore été évalué scientifiquement pour affirmer la pertinence de sa valeur prédictive. Son déploiement devrait permettre de voir s’il entraîne un repérage insuffisant ou au contraire un recours exagéré aux plateformes. Néanmoins, il s’agit d’un grand pas en avant dans le dépistage précoce de l’autisme infantile : il arrive souvent qu’un médecin banalise un retard ou un comportement inhabituel par crainte de se tromper ou d’affoler les parents. Pour le Dr Vincent des Portes, neuropédiatre au CHU de Lyon, « cet algorithme de décision rempli en moins de 5 minutes doit avant tout éviter que le praticien ne rassure à tort des parents qui s’inquiètent ». Chez les parents d’enfants autistes, on entend souvent la phrase suivante : « notre enfant a commencé à aller mieux quand nous avons pris conscience de la réalité de sa situation ». Reste que ce dépistage ne sera pleinement efficient que si le système de soins est en mesure de prendre en charge rapidement les enfants concernés. Un véritable combat mené à l’heure actuelle par les familles …

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