"Les clubs ont un rôle à jouer dans le développement des sports féminins"

Eovi Mcd Mutuelle
supporters de l'ASSE

A l'approche de la coupe du monde de football féminine ; rencontre avec Charlotte Gauvin et Mylène Chavas, la capitaine et la gardienne de l’équipe féminine de l’AS Saint-Étienne.

 

Nous sommes allé à la rencontre de Charlotte Gauvin et Mylène Chavas, de l'AS Saint-Etienne pour qu'elles nous parlent de leur expérience dans le monde du football professionnel, un univers encore très masculin.

Voici leur témoignage encourageant mais qui montre que la stigmatisation de genre qui subsiste encore dans de tels milieux sportifs.

 

Vous a-t-on souvent dit que le foot « c’est pas pour les filles » ?

Mylène Chavas : Plus jeune, je jouais dans une équipe mixte. Au bord du terrain, certains parents encourageaient leurs enfants, en criant : « Vas-y, c’est une fille, ce sera facile ! » Ces remarques ne sont pas vraiment méchantes mais elles soulignent bien, qu’à la base, le foot est un sport de garçon. Aujourd’hui, lorsque j’entends parler de notre équipe, nous sommes souvent comparées aux hommes. Pas par sexisme mais parce que les gens ne connaissent pas les spécificités du football féminin : notre jeu est plus lent et parfois plus technique que celui des garçons.

Charlotte Gauvin : Quand je jouais avec les garçons vers l’âge de 12-13 ans, j’ai pu entendre ce genre de phrases. Mais je savais que j’avais le soutien de mes amis et de ma famille, donc j’ai continué sur ma lancée. Et puis une fois sur le terrain, je leur montrais que j’étais une bonne joueuse. Malheureusement, dans le monde d’aujourd’hui, les femmes doivent constamment prouver qu’elles peuvent faire la même chose que les hommes. Et encore plus dans le milieu du football.

 

Selon vous, la place accordée au football féminin a-t-elle évolué dans les médias ?

Mylène Chavas : On voit de plus en plus de matchs à la télé, les articles sont plus nombreux dans les journaux. Alors que, plus jeune, j’avais du mal à suivre les résultats des équipes seniors.

Charlotte Gauvin : Aujourd’hui, beaucoup de mes collègues de travail suivent aussi bien les résultats de notre équipe que ceux de l’équipe de France féminine. Les gens sont capables de citer des noms de joueuses alors qu’il y a dix ans ce n’était pas le cas !

 

Comment accélérer le développement du foot féminin ?

Charlotte Gauvin : Selon moi, pour franchir un nouveau cap dans le développement des sports féminins, foot ou autre, les clubs ont un rôle à jouer. Ils doivent promouvoir leur équipe, leur donner les moyens de faire parler d’elles, de se valoriser.

Mylène Chavas : Tous les stades ne disposent pas des infrastructures nécessaires à la retransmission d’un match de championnat à la télévision. Si toutes les équipes féminines pouvaient jouer sur des terrains adaptés à la diffusion des matchs, ce serait un grand pas en avant. Le public apprendrait à mieux connaître les spécificités de notre jeu.

 

Quelles sont selon vous les qualités requises pour être une bonne footballeuse ?

Charlotte Gauvin : Avoir l’esprit d’équipe et bien sûr, des notions de foot ! Plus sérieusement, arrivée à un certain niveau il faut avoir une bonne hygiène de vie et savoir jouer avec sa tête.

Mylène Chavas : Je dirais être sociable et savoir communiquer avec les autres, qu’il s’agisse de ses coéquipières, du staff, du public… Au-delà des qualités athlétiques et techniques, être une bonne joueuse demande beaucoup de travail. À l’ASSE, nous nous entraînons 13 à 14 heures par semaine, sans compter les matchs le week-end.

 

Quels conseils donneriez-vous à une jeune fille qui rêve de devenir footballeuse ?

Charlotte Gauvin : Si vraiment c’est ce qu’elle veut faire, je lui dirais de ne pas écouter les petites voix méchantes et néfastes. De se servir du soutien de ses proches pour réaliser son rêve.

Mylène Chavas : Tout dépend de son âge mais je lui conseillerais de jouer le plus longtemps possible avec les garçons. Cette expérience lui forgera le caractère, renforcera son mental et lui apportera de solides bases techniques. Si elle travaille tous les jours, progresse par étapes, sans se précipiter, alors un jour son rêve deviendra réalité.

 

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