AVC : le sport est votre allié

Après un accident vasculaire cérébral, il est essentiel de se remettre au sport dans de bonnes conditions. Pourquoi ? Comment ? On vous dit tout.

10/12/19
Temps de lecture estimé : 5 minutes
Eovi Mcd Sport AVC

L’AVC, qu’est-ce que c’est ?

Un accident vasculaire cérébral (AVC) apparaît lorsque le flux de sang allant au cerveau se heurte à un obstacle (caillot sanguin ou vaisseau sanguin rompu). Les cellules du cerveau qui cessent alors d’être alimentées en oxygène meurent en quelques minutes sans pouvoir être remplacées.

150 000

C’est le nombre d’AVC en moyenne chaque année en France

80%

C’est le taux d’AVC ischémiques (aussi connus sous le nom d’infarctus cérébraux), causés par une artère bouchée par un caillot de sang.

20%

C’est le taux d’AVC hémorragiques, liés à une rupture d’artère entraînant une hémorragie intracérébrale ou une rupture d’anévrisme.

 

Les AVC sont fréquents et représentent la 1ère cause de handicap et la 3e cause de mortalité en France.

 

Le sport, un remède qui a fait ses preuves

Le risque de récidive après un premier AVC est évalué entre 30 et 43% à 5 ans. Pour beaucoup de patients, qui se disent souvent « miraculés », ce taux est source d’angoisses supplémentaires. Pourtant, il existe un moyen très efficace pour diminuer les risques de récidive : l’activité physique adaptée (APA). « L’activité physique permet de diminuer tous les facteurs de risques de récurrence d’un AVC : pression artérielle, cholestérol, diabète, tabac, alcool, obésité… » souligne le Dr Laurent Uzan, cardiologue du sport à la Pitié-Salpétrière à Paris.

 

30%

Reprendre une activité physique adaptée permet de diminuer de 30% le risque de faire un deuxième AVC

 

D’après les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS), « une consultation médicale d’activité physique est toujours recommandée chez un patient post AVC, compte tenu des bénéfices pour la santé de l’activité physique ». La HAS préconise également une épreuve d’effort (EE) et un test de marche de 6 minutes (TM6) pour déterminer les caractéristiques du programme de réentraînement (type, intensité, durée, fréquence), qui doit « respecter une progressivité adaptée aux progrès du patient ».

 

Le sport après un AVC : plus facile à dire qu’à faire ?

« Fatigue », « découragement devant la lenteur des progrès », « ressenti d’incapacité », « frustration », « syndrome dépressif »… La HAS recense de nombreux freins à la reprise d’une activité physique après un AVC. Marie-Laure, 35 ans, mère de famille, témoigne pour l’association France AVC : « 9 mois après mon AVC, je suis tellement fatiguée alors que j’ai tant de batailles à mener et tant de proches à rassurer. Je m’épuise dans les gestes quotidiens et sombre soudainement dans la dépression, moi qui me définis comme quelqu’un de solaire ».

Pour le Dr Philippe Duc, cardiologue à l’hôpital Saint-Joseph à Paris, « vous ne verrez jamais un patient commencer tout seul une activité physique après un AVC : c’est trop dur et effrayant ». Et pour cause : il ne faut pas reprendre trop vite non plus, au risque de « décompenser », c’est-à-dire de faire un autre AVC. D’où l’importance de la consultation médicale et des tests préalables recommandés par la HAS pour déterminer le niveau du programme de réentraînement. « Aujourd’hui, seuls 30% des patients post AVC suivent un programme de ce type » regrette le Dr Philippe Duc.

 

Le saviez-vous ? La réadaptation cardiaque à l’activité physique est intégralement remboursée par la Sécurité sociale après un premier AVC. Elle peut être réalisée en ambulatoire à raison de 3 à 5 séances par semaine pendant un ou deux mois, ou à l’hôpital pour une durée de 2 à 3 semaines.

 

Quel sport choisir ?

Tout dépend de l’avis médical (pour déterminer le niveau du programme) et de vos préférences. Tapis de course, gymnastique, rameur, vélo, natation, marche… Tous les goûts sont dans la nature ! Pour la Fédération française de cardiologie, « il est généralement recommandé à un malade cardiaque de pratiquer un sport d’endurance d’intensité faible à modérée 20 à 30 minutes par jour, 1 à 3 fois par semaine ». Par « intensité faible à modérée », comprenez un niveau qui demande un effort moyen (équivalent à une marche rapide) et qui accélère légèrement la fréquence cardiaque.

N’hésitez pas à vous faire conseiller également sur votre alimentation et hygiène de vie afin d’adopter de nouvelles habitudes qui réduiront de façon significative le risque de récidive.

Et si vous vous intéressez aux vertus du « sport santé », c’est par ici !

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