« On forme des hommes avant de former des footballeurs »

A l’AS Saint-Etienne, la griffe des joueurs mêle technicité et valeurs humaines. Les clefs du succès pour ce club mythique qui ne plaisante pas avec la formation. Les secrets de fabrique ? Ils se jouent dans les coulisses. Une recette brevetée par Bernard David, le directeur du centre de formation.


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Après avoir dirigé le centre de formation du club grenoblois, puis celui de l’AJ Auxerre, où vous vous êtes occupé de joueurs comme Djibril Cissé, Bacary Sagna, vous rejoignez l'AS Saint-Étienne en 2012. Pourquoi ce choix ?

J’ai quitté l’AJ Auxerre après 12 ans, alors qu’il me restait encore deux ans à effectuer. Professionnellement, c’était le moment opportun de changer. Surtout pour rejoindre l’AS Saint-Etienne, un grand club français et un grand club formateur. Je supporte les Verts depuis leur grande époque. Dans mon choix, s’exprimait aussi un attachement de toujours et un peu de nostalgie : originaire de Grenoble, je revenais dans ma région.

 

Que signifie diriger la formation d’un club aujourd’hui ?

C’est une responsabilité énorme. Dans un club « normal », la formation est vitale : nous n’avons pas de budget pour acheter des grands joueurs. Autrement dit, le recrutement et la formation de jeunes qui joueront en équipe première est déterminant. Cela implique d’avoir un gros réseau pour les recruter et un projet de formation solide. Il repose sur la qualité des éducateurs, de la post formation au passage en professionnel. Cela demande beaucoup de travail et d’investissement. C’est l’école de la patience.

 

La formation s’effectue en partenariat avec l’établissement scolaire Tezenas du Montcel ? Pourquoi ce choix ? 

Ce choix, qui date de 25 ans, reflète une mécanique bien huilée. Plutôt que de faire venir des professeurs au centre, l’AS Saint-Etienne fait appel à un établissement extérieur. L’objectif est de permettre à nos recrues de vivre normalement en côtoyant des jeunes de leur âge. Les résultats suivent : sur les quatre dernières années, nous affichons 98% de réussite au bac. C’est dire notre degré d’exigence. Nos joueurs repartent avec le même niveau que s’ils avaient évolué dans un établissement ordinaire. Qu’ils parviennent ou non à en faire leur métier, cette ambition vaut pour tous. Y compris les futurs pros dont la carrière s’arrête à 30 ans, et parfois avant, en cas de blessures.

 

A l’Etrat, le centre d’entraînement et de formation s’étire sur 15 hectares. Qu’implique-t-il en termes d’équipements ?

Le club améliore sans cesse ses infrastructures. Depuis un an, nous disposons d’un nouveau terrain synthétique, le terrain d’entraînement de l’équipe réserve a été refait, tout comme l’éclairage du stade Aimé Jacquet, pour jouer en nocturne. Enfin, une nouvelle tribune, avec salle de presse, a vu le jour. Nous avons aussi investi sur la cryothérapie, en achetant un matériel sophistiqué voici deux ans pour favoriser la récupération des joueurs. L’ensemble est proche des 2,5 millions d’euros.

 

Vous placez « l’humain » au cœur de l’apprentissage. Comment cela se traduit-il  ?

La pyramide de la formation compte beaucoup de recrues et peu d’élus. Tous nos joueurs ne seront pas pros. C’est pourquoi il est capital de délivrer une éducation qui comprenne des règles de savoir-vivre (être poli, dire bonjour-s’il-vous-plaît-merci est donné à tout le monde), des résultats scolaires performants et... un bon niveau de football. On forme des hommes avant de former de footballeurs.

 

Pourquoi inclure dans votre enseignement la visite du Musée de la Mine et celle des abattoirs à 5 heures du matin ?

Ces visites sont au programme pour faire prendre conscience aux joueurs qu’ils sont privilégiés de faire d’un sport une profession. D’autres ont eu des métiers très difficiles. Les joueurs y sont très réceptifs. ça les marque et ça les fait courir un peu plus vite quelque temps.

 

Quel bilan dresser de la formation à l’AS Saint-Etienne ?

Nous poussons loin l’exigence. A ce titre, le classement des clubs ne reflète pas la qualité de notre travail. Certains critères sont à dépoussiérer. Nous avons formé de grands joueurs, partis faire carrière ailleurs, comme Kurt Zouma à Chelsea, qui ne sont pas pris en compte. Les intégrer nous placerait au 4ème rang, plus conforme à notre standing. Néanmoins notre travail est riche pour toutes les valeurs véhiculées. Elles passent par le travail, le respect des institutions, l’abnégation. Sans oublier l’humilité, une qualité qui n’empêche pas l’ambition.

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