Métier d'intendant : un repère essentiel pour les joueurs

Intendant de l’AS Saint-Etienne depuis 2000, Frédéric Emile s’affaire dans les coulisses pour faciliter la vie des joueurs professionnels au quotidien. Un métier qui exige une précision d’orfèvre et une attention de chaque instant.


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En quoi consiste le rôle d’intendant au sein d’un club comme l’AS Saint-Etienne ?

Organisation des déplacements, réservations des hôtels, avions et bus, commandes auprès de l’équipementier, vérifications du matériel, mise en place du vestiaire lors des matchs : il s’agit de gérer tout ce qui tourne autour des joueurs professionnels. Une fonction qui va des questions administratives à la recherche d’un logement.

 

Vous êtes connu pour être très proche des joueurs. Comment s’instaurent de telles relations de confiance ?

Dès son arrivée, un joueur est en contact avec l’intendant, le docteur, les kinés et le staff technique. Nous sommes ses premiers interlocuteurs et le contact se joue aussitôt. La confiance se tisse ensuite, au feeling, au gré des rapports humains et de la vie de tous les jours. Au plus près de leur quotidien, nous connaissons très vite leurs épouses et leurs enfants. Et puis, quand on vit à presque 40 personnes dans un bâtiment dédié, il faut du dialogue ! Sans compter que sur les coupes d’Europe on est ensemble sept jours sur sept. Les sportifs savent qu’ils nous ont comme allié. A charge pour nous de percevoir un problème. On est là pour les protéger et les aider à être performants. C’est un rôle privilégié.

 

Le mercato annuel implique des départs et des arrivées de joueurs. Comment abordez-vous cette transition ? 

Cette période est la plus chargée : je reçois le matériel et prépare les voyages à venir. Je suis vigilant lorsqu’un joueur s’en va : son départ doit avoir lieu dans les meilleures conditions. Dans le même temps, il faut réserver le plus bel accueil aux nouvelles recrues. C’est d’autant plus vrai pour les joueurs étrangers, comme Ole Kristian Selnaes, venu de Norvège cet hiver. Il suffit de se mettre à leur place pour savoir comment on aimerait être reçu dans un pays dont on ne parle pas la langue. Magnifiquement accueilli à mon arrivée ici en 1998, je veux leur réserver un accueil à la hauteur et les intégrer le plus vite possible dans le club et dans la ville.

 

Comment se déroule son arrivée ?

Le joueur est très vite pris en main. Il faut lui expliquer le fonctionnement du club, vérifier ses papiers et passeports, savoir quel type de logement il souhaite, s’il est marié, s’il a des enfants… Ensuite, on essaie de lui faire visiter des logements, notamment s’il a une famille, pour qu’elle vive près de lui, le plus rapidement possible. L’intendant se charge aussi de relever ses mensurations pour que son équipement soit prêt et floqué au numéro choisi, une fois son contrat signé. En vue d’être déclaré apte, il doit être conduit à l’unité de médecine du sport de l’hôpital Nord pour faire le bilan de santé et le test à l’effort exigés par la Fédération française de football.

 

Votre père, Henri Emile, a été intendant de l’équipe de France pendant 20 ans.  Le ballon rond : une tradition familiale ?

Avant d’être intendant, mon père était entraîneur. L’évolution du métier lui a fait prendre en charge le volet logistique. Enfant, j’ai baigné dans le football. J’ai connu le stade Geoffroy-Guichard vers 12 ans, à l’époque Platini. Une passion depuis toujours. Mais avant d’en faire mon métier, j’ai été commercial. Puis Jean-Claude Darmon, grand argentier du foot, m’a donné ma chance à Toulouse, et Gérard Soler, alors président-délégué, m’a fait venir à Saint-Etienne en 1998, toujours comme commercial. J’ai été conquis par l’ambiance, et suis passé à l’intendance en 2000, grâce à Robert Nouzaret, l’entraîneur de l’époque. Quand on m’a proposé le poste, j’ai abandonné le costume-cravate pour le survêtement.

 

Vous attaquez votre 17ème saison. Comment le métier a-t-il évolué ?

Le club et le football se sont beaucoup professionnalisés dans un souci de performance. Il faut être extrêmement rigoureux et savoir anticiper. Par exemple, depuis que nous jouons l’Europa League, l’organisation a évolué. Il y a quatre ans, nous n’avions pas de cuisinier avec nous. Désormais, une fois les menus validés par le médecin, un cuisinier part deux jours avant, prendre en charge la cuisine de l’hôtel et superviser les préparations. Nous calibrons aussi les déplacements en amont, sitôt le résultat du tirage au sort désignant le pays hôte connu. Avec Samuel Rustem, directeur de l’organisation, nous revenons d’ailleurs d’Athènes (NDLR : match AEK Athènes – AS Saint-Etienne du 4 août). Sur place, nous passons tout en revue : récupération des bagages, vestiaires, temps de trajet entre l’aéroport et le stade, entre le stade et l’hôtel… Moins les joueurs piétinent, plus ils évitent d’inutiles récupérations. Tout est fait pour les économiser et leur permettre de rester concentrés sur la compétition.

 

Quelle perception avez-vous de l’AS Saint-Etienne aujourd’hui ?

Ses valeurs me touchent, notamment le travail, l’humilité, et cette envie de se dépasser, de « mouiller le maillot », comme aiment à le dire les supporters. Quand on découvre l’histoire de la ville, on sait combien elle a souffert, et ce qu’elle a à offrir de plus beau. Elle est aussi attachante que ses habitants. Du reste, mes deux enfants sont Stéphanois.

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