Dominique Rocheteau : Vert un jour, Vert toujours

Glasgow 1976, la Coupe d’Europe, l’ASSE en finale contre Bayern Munich, une méchante blessure, des poteaux carrés : 40 ans plus tard, « l’ange Vert », toujours lié au club, revient sur cette époque mythique du football français.


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Ce 12 mai 1976 se joue la finale de la Coupe d’Europe des clubs Champions. L’ASSE ne remporte pas la victoire malgré sa supériorité de jeu. Un match culte pourtant resté dans la mémoire collective…

Cette saison entière était magnifique. Saint-Etienne dominait le foot français qui n’était pas à son meilleur niveau et cristallisait beaucoup d’attentes. Nous avions la France derrière nous. Sympathique, l’équipe ne comptait pas de stars : c’était un collectif, porteur de valeurs de solidarité capables de renverser des situations. Nous avons fait nos exploits ici, à Geoffroy-Guichard. Des matchs restés dans la légende du club dont nous avons fêté l’épopée cette année.

 

Au stade Hampden Park ce soir-là, l’ambiance est survoltée. Quel souvenir en gardez-vous ?

Le stade était entièrement vert : 30 000 Stéphanois s’étaient déplacés. En face, les supporters allemands étaient 8000 seulement, plus habitués à gagner sans doute... Les Ecossais aussi étaient en vert, ils nous soutenaient, nous qui étions le Petit Poucet de cette coupe.

 

Blessé, vous entrez à la 82ème minute, et semez aussitôt la panique côté Bayern. Comment l’avez-vous vécu ?

Hormis le lendemain festif sur les Champs-Elysées et la réception par le président de la République, je ne garde pas un grand souvenir de ce match, le seul que je n’ai pas disputé. Je pensais jouer jusqu’au dernier moment. Je ne le pouvais pas. On m’a fait une infiltration : c’était la finale de la coupe d’Europe, on prend des risques ! Ce match, je l’ai vécu dans l’attente de rentrer ; dans l’appréhension et le stress de ne pas pouvoir le faire. Je l’ai vécu en m’échauffant. Ensuite, je suis rentré, pour huit minutes précisément, les huit dernières, et j’ai tout donné. Le chanteur (NDLR : longtemps tenté par le foot), Rod Stewart a dit « mais qui est ce « lad », ce gars sur le terrain ? ». Quelques jours plus tard, j’étais opéré.

 

Avez-vous été sensible au rachat par l’ASSE des fameux poteaux carrés qui ont empêché les Verts de marquer ?

J’y ai participé avec le président Roland Romeyer lors de la création de notre musée, le premier consacré au ballon rond en France. Il a fallu les rechercher. Déjà rachetés, ils se trouvaient dans un pub. On en a tellement parlé à l’époque, à la suite de Pierre Cangioni, le journaliste sportif commentateur des actions de jeu, qu’ils font partie de la légende du club.

 

Un lien particulier vous rattache à l’ASSE. Comment l’expliquez-vous ?

J’ai passé huit ans à l’ASSE et sept au PSG avec autant de plaisir. J’ai marqué plus de buts au PSG (100 buts qui me valent d’être 3ème buteur aujourd’hui). Mais je reste « l’ange Vert », une reconnaissance plutôt sympathique. Je continue de l’incarner depuis mon retour il y a six ans. L’ASSE est un grand club populaire, comparable aux clubs anglais : nos supporters sont là, toutes générations confondues. Leur fidélité ne se dément pas : ils étaient 42 000 au dernier match (NDLR : ASSE-LOSC, 14 mai 2016). Et lorsque les Français ont un club favori, leur deuxième choix se porte sur l’ASSE, le seul à avoir autant de supporters.

 

Vous êtes aujourd’hui membre du directoire de l’ASSE et coordinateur sportif. Quelles sont les ambitions du club ?

Je m’occupe de l’équipe avec l’entraîneur Christophe Galtier et la direction de la formation. Je participe aussi aux décisions avec Roland Romeyer et Bernard Caïazzo, président du conseil de surveillance. Le football a évolué, il y a des différences de budgets entre clubs. Nous voulons une stabilité pour être dans le top 5. Cela a été le cas durant quatre ans, même si nous finissons 6ème cette année. Nous voulons faire le mieux possible pour remporter des trophées, comme la Coupe de la Ligue, gagnée en 2013.

 

Quelles sont les valeurs de l’ASSE qui vous tiennent le plus à cœur ?

L’humilité, fondatrice de son image. La capacité à se remettre en question, en mesurant que rien n’est acquis. Et, le travail, socle de cette ancienne ville de mineurs, grâce auquel les Stéphanois se sont identifiés au club. A l’époque, quand les joueurs perdaient, les supporters criaient « à la mine ! ». A Saint-Etienne, la valeur travail n’est pas un vain mot.

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